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lundi 30 mai 2016

Histoire de l'Algérie : VI- Période romaine: ( 25 à 100)



L'histoire et la géographie de l'Algérie sont intimement liées. Ainsi, bien que la civilisation humaine au Maghreb remonte à des millénaires, ce n'est qu'à partir de l'Antiquité que cet espace commence à prendre sa forme actuelle en se scindant en trois régions-peuples :
Maghreb oriental, Maghreb central et Maghreb occidental. La région-peuple du Maghreb central évoluera au fil des siècles en l'État nation algérien moderne. Cet article traite donc de l'histoire de l'Algérie, et non pas seulement de l'histoire de la République algérienne moderne.
VI- De l'an 25 à l'an 100 

Les multiples révoltes qui suivirent ainsi la dislocation de la société locale par les Romains poussa ces derniers à enclencher une deuxième étape pour affermir leur présence en Numidie et stabiliser leur nouvelle colonie. Cette deuxième étape du stratagème romain qui s'étendit sur 75 ans, consista à procurer une alternative à la servitude et à la famine qui se profilait à l'horizon pour les dizaines de milliers de citoyens numides expropriés de leur terres et disposés à la révolte. C'est ainsi que Rome encouragea les vétérans de ses légions sur place à occuper les anciens emplacements des villes numides détruites telles que Icosium (Alger) ou Cirta (Constantine), et de les reconstruire dans le style romain, tout en fondant de nouveaux postes militaires qui devait devenir des villes, comme Sitifus (Sétif) ou Timgad (dont il ne subsiste aujourd'hui que de magnifiques ruines). Les gouverneurs
romains n'avaient pas l'intention de se limiter à construire des casernes pour l'armée après
avoir rasé[réf. nécessaire] les villes Numides, mais comptaient bien ériger des villes complètes,
équipées de temples, d'amphithéâtres, etc. C'est alors que entre l'an 40 et l'an 90, plusieurs
nouvelles villes romaines furent construites telles que Thamugadi (Timgad), Sitifus (Sétif),
ou même reconstruites sur l'emplacement des anciennes villes Numides telles que Tipaza
(l'ancienne Tafza Numide), Icosium (Alger), Caesarea, Cirta (qui deviendra Constantine),
Hippo Regius, etc. Les ruines romaines à travers l'Algérie qui survivent jusqu'à aujourd'hui
en témoignent encore, comme c'est le cas à Tipaza où presque toute la ville est conservée
et où l'amphithéâtre semble demeurer intact. Pour construire ces villes, les peupler, et romaniser la population locale, les Romains accueillirent volontairement sur leurs chantiers, puis au sein de leurs villes, les vagues de citoyens numides descendants pour la plupart de leurs parents qui furent expropriés et qui étaient voués au nomadisme depuis… chose nouvelle pour eux et qui les avait propulsé soudainement dans la pauvreté extrême, la famine ou sinon le pillage et la révolte. C'est ainsi que l'Algérie vécut son première exode rural[réf. nécessaire], et que ces villes devinrent rapidement des centres de commerce et de culture. Les terres intérieures alors sous contrôle Gétule allaient se retrouver alors rattachées aux villes peuplées de Numides par le commerce, et par extension au marché des diverses provinces de l'Empire romain. Pour solidifier et protéger cette nouvelle configuration du pays, les Romains engagèrent alors la construction d'une frontière fortifiée en établissant plusieurs postes au sud de la Numidie, contournant les Aurès et le pays des Nemamchas, avec les forts de Vescera (Biskra), Ad Majores (Hensir Beseriani), Castellum Dimidi (Messaad). Le but de ces forts était de prémunir la province contre d'éventuelles attaques des Garamantes, pour protéger la stabilité et la prospérité retrouvée des territoires Numides au moment où les Garamantes subissaient les assauts coloniaux de Rome.
A SUIVRE ( DE L'AN 100 A 235)