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dimanche 30 octobre 2016

Bis repeftita par El-Guellil

Aujourd'hui est un autre jour.

Mais chaque jour qui vient nous renvoie, comme des begri à bekri.

Bekri, au temps où le chômage se devait de chômer. Contraints de présenter des chiffres icharfou le socialisme scientifique à l'Algérienne, pour démontrer que chez nous koulchi yemchi belbaraka et koulchi yakhloss belpétrole, on avait opté pour le plein emploi. On était unis comme un bloc contre l'impérialisme et l'exploitation de l'homme par l'homme. Le bloc s'est effrité, le mur de bérlin n'est plus et l'exploitation de l'homme par l'homme a vu naître son contraire; l'exploitation de l'homme par l'homme. On importait de partout et partout pourtant il y avait des organigrammes où tous les profils étaient prévus. Il y avait même des doublures.

Dans ce bled de bekri c'était extraordinaire tout était organisé pour que nul ne soit dérangé. Déjà on recrutait des gens qui sont tout de suite mis aux portes: les plantons. A l'entrée, il y en avait généralement deux. Le premier vous demandait qui vous chercher et le second vous répondait qu'il n'est pas là. Quand vous arrivez à le convaincre que vous avez un rendez-vous, grimpez au premier palier. Vous en trouverez un autre. «Ana brassak birou el…» Vous n'avez pas encore fini et c'est chouf el foug. Au deuxième c'est « ils t'ont dit el foug c'est el foug. Moi j'ai rendez-vous avec moulana. C'est l'heure de la prière.» Vous arrivez el foug. Vous trouverez trois plantons. Le premier ne s'occupe que du téléphone, il ne sait dire que oui j'écoute, vous êtes bien el foug, mais il faut d'abord voir avec en bas». Le deuxième demande qui vous demandez. Et le troisième vous propose une fiche qu'il faut remplir. Si vous ne savez pas écrire, il faut redescendre au premier palier pour vous faire aider. Car plus vous grimpez el foug plus le niveau est bas. Quand vous «descendez en bas» le personnel a changé, ce ne sont plus des plantons, mais des vigiles… Ils attendent que la voiture du monsieur de el foug el foug soit avancée, pour laisser la place à d'autres. Mais ceux-là ne sont ni plantons ni vigiles. Ils sont veilleurs de nuit. Ils s'enferment et ils dorment.

Aujourd'hui que toutes ces entreprises ont coulé. Tout ce personnel refuse que l'entreprise soit bradée. Les autres, les capables avaient déjà quitté le bateau en prenant leur part de gâteau très tôt.