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dimanche 3 juillet 2016

Prosélytisme et ingérence

par Moncef Wafi
L'Algérie réaffirme son opposition à toute intrusion extérieure visant son unité nationale et son référent religieux. Le ministre des Affaires religieuses l'a rappelé à partir de Bouira. Mohamed Aïssa a de nouveau réagi au communiqué maladroit publié récemment par l'ambassade d'Irak en Algérie proposant des facilitations de tourisme religieux aux Algériens. C'est-à-dire un pèlerinage en bonne et due forme aux lieux saints du chiisme.
Le ministre n'y est pas allé par quatre chemins en qualifiant ledit texte d'ingérence dans le référent religieux algérien. Cette mise en garde est également suscitée par les dernières tentatives d'infiltration de certaines sectes dans le paysage religieux national à l'image de la cellule de la confession d'«Al Ahmadia» démantelée récemment dans la wilaya de Blida ou encore d'une autre cellule internationale de prosélytisme qui activait à travers les réseaux sociaux et internet. L'Algérie jalouse de son référent religieux s'inquiète de voir se profiler à l'horizon diverses tentatives de prosélytisme visant sa jeunesse.

A travers les réseaux sociaux, les chaînes cathodiques ou encore la documentation propagandiste, différents courants religieux cherchent à s'implanter dans le pays. Si la Constitution algérienne consacre le libre exercice du culte religieux, la loi interdit par contre toute forme de prosélytisme. Le cas de l'Irak est d'autant plus suspect, malgré les explications peu convaincantes de son ambassadeur en Algérie, qu'il existe déjà un antécédent avec l'appel de Moqtada Sadr, l'influent chef chiite, aux chiites d'Algérie à unifier leurs rangs et nouer des alliances avec d'autres minorités. Il les encouragera à afficher ouvertement leurs convictions tout en dénonçant leur oppression en Algérie.

Moqtada Sadr, en appelant ses coreligionnaires à s'émanciper en Algérie, sait qu'il ouvre une brèche dans l'unité confessionnelle à travers son cri de ralliement. Un appel à la fitna dans un pays où la moindre étincelle peut faire exploser la situation sociale. En prenant les devants et dressant les barricades, l'Algérie cherche à se prémunir de ces actions de l'extérieur visant à «tester la prédisposition des Algériens pour qu'ils épousent d'autres religions», pour reprendre Mohamed Aïssa. L'Algérie qui s'interdit de s'immiscer dans aucun des conflits confessionnels au monde attend qu'on lui rende la pareille et surtout de la part de représentations diplomatiques.




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