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mercredi 4 mai 2016

ALORS QUE SELLAL L’AVAIT ANNONCÉ POUR AVRIL Dans l’attente du «nouveau programme économique»

Amorcée en 2014, la crise pétrolière a eu de lourdes répercussions sur l’économie algérienne monoexportatrice. Pourtant, elle a longtemps fait l’objet de déni du gouvernement. Ce n’est qu’à la mi-2015 qu’une certaine prise de conscience a commencé à s’opérer pour finir sur une promesse de «nouveau programme économique» pour avril 2016.

Naouel Boukir - Alger (Le Soir) - Nous sommes en mai, et aucun communiqué ou publication officielle n’a confirmé ou abordé le lancement de ce «nouveau programme économique», prévu pour avril par le Premier ministre. A défaut d’une stratégie, un programme est tout ce qui a été envisagé pour contrecarrer la chute drastique des cours du baril de pétrole. Encore faut-il que celui-ci soit réalisé dans les délais fixés.
D’autant plus que cet affaissement n’est, définitivement, pas conjoncturel. En effet, l’Iran et l’Irak qui comptent croître davantage leur production pétrolière mensuelle respectivement de 13% et 32% en référence à juin 2014, début de la crise de la surabondance de l’offre sur le marché international. Et tant que le gel n’est pas le point de convergence des intérêts des exportateurs de pétrole, il ne constituera pas la solution.
Evidemment, le déni du gouvernement de la gravité et de la durabilité de la crise énergétique, durant plus d’une année, a fait qu’il est aujourd’hui à cours de temps pour l’élaboration d’une réelle stratégie de remaniement et diversification économiques. Puisque les réserves de change de moins de 140 milliards de dollars ne résisteront certainement pas jusqu’à 2017, avec le train de vie actuel. Le Fonds de régulation des recettes, est, quant à lui, quasiment vidé. A rappeler que le lancement de l’emprunt obligataire public ne doit pas être perçu tel un acte financier extraordinaire. Il s’agit d’une activité très anodine partout ailleurs, et ne remplace aucunement un quelconque recours à un emprunt de devises à l’international ; une hypothèse à ne pas écarter. Cela étant dit, ce sont des alternatives de rafistolage conjoncturel qui sont envisagées en l’absence de vision globale.
Des licences d’importation par-ci, des hausses de taxes et charges par-là, ne sont pas susceptibles de bâtir une économie forte tant que celle-ci est perçue comme une administration bureaucratique et que l’Etat ne s’en tient pas à son rôle de simple régulateur.
Des organismes comme l’Ansej (Agence nationale de soutien pour l’emploi des jeunes) ou l’Andi (Agence nationale de développement de l’investissement) trouvent souvent pour handicap une bureaucratie tentaculaire. En plus, la politisation de l’acte d’investissement ne représente évidemment pas l’aspect le plus attractif ou le plus valorisant du climat d’affaires en Algérie.
Evidemment, affecter des objectifs de croissance exagérément ambitieux ou donner à la création de microentreprises une dimension plus quantitative que de performance pour redynamiser l’économie nationale révèle une défaillance de gérance et de gouvernance qu’il est expressément urgent de remettre en cause. Ceci, en attendant la communication du «nouveau programme économique», prévu pour avril dernier.
N. B.  IN LSA