jeudi 28 juillet 2016

Le 8e moine !


Par Hakim Laâlam  
Email : hlaalam@gmail.com

Sur mes cahiers d’écolier, sur mon pupitre et les arbres, sur
le sable, sur la neige, j’écris ton nom…

… Eradication !
J’avoue qu’un temps, en réaction immédiate, épidermique à l’assassinat atroce d’un prêtre français dans sa paroisse de Saint-Etienne-Du-Rouvray, j’ai été tenté d’exhumer Tibhirine. Rappeler rageusement les ignominieuses accusations lancées par une «grande partie» de la France démocratique contre l’armée algérienne. Une grande partie penchant lourdement à gauche. J’ai aussi tenté d’aligner les jeux de mots cruels, l’humour perfide. Comme de savoir si l’enquête sur ce meurtre sordide d’un prêtre français en pleine messe allait être confiée au juge Trévidic. Mais non ! La rage s’est arrêtée au seuil infranchissable de la raison humaine. Et les rancœurs justifiées des Algériens face au traitement injuste, tronqué et dangereux de l’affaire des Moines de Tibhirine ne doivent cependant pas mener à l’aveuglement et à l’assouvissement d’un sentiment de juste retour sur l’histoire. Il n’y a jamais de juste retour sur l’histoire à travers le sang des innocents. Et j’ai mal aujourd’hui de ce qui arrive à la France. Comme j’ai mal de ce qui arrive à l’Allemagne. Comme j’ai mal de ce qui arrive à Kaboul, à Baghdad, à Ghaza et ailleurs dans ce monde qui paie maintenant la note salée des manipulations de laboratoires. J’ai mal. Mais j’ai aussi espoir. Oh ! Un maigre espoir, mais un espoir tout de même que l’Occident nettoie enfin le mot «éradication» de toutes les saletés qu’on a voulu lui coller. Espoir que l’Occident en finisse avec l’aveuglement commercial et capitalistique qui lui fait lourdement fermer les yeux sur les agissements des monarchies du Golfe. Espoir que soient bannis les professeurs Maboulette droits-de-l’hommistes qui ont, depuis des décennies maintenant, voulu nous fourguer les beaux yeux du commandant Massoud, le magnétisme fou du «Lion du Pandjchir», les exploits des Stinger «afghans» face à l’armée russe et l’alternance démocratique agrippée comme une forcenée aux régimes islamistes «acceptables». Aujourd’hui, la question du terrorisme est devenue par la force sanglante des choses une affaire occidentalo-occidentale ! Nous pouvons aider. Parce que ce chemin-là de… croix, nous l’avons traversé. Et en pleine traversée, nous avons tout de même pris le temps douloureux de crier que nous pouvions aider, pourvu que soient écoutés nos appels et entendues nos approches. Y a-t-il enfin quelqu’un aujourd’hui pour nous écouter au seuil des églises meurtries ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.