APS - ALGÉRIE

lundi 1 juillet 2019

Boudiaf, Matoub et l'adverse fortune de la démocratie en Algérie


Le contexte de la crise politique que vit l'Algérie depuis le mois de février 2019 a quelque peu relégué au second plan le souvenir de l'assassinat du président Mohamed Boudiaf, le 29 juin 1992. En réalité, même les années passées, la commémoration de cette journée n'a jamais été le fort des pouvoirs publics ou des partis politiques.
L'entretien de la flamme et du souvenir de Boudiaf a été plutôt celui de certaines associations, de quelques intellectuels, des anonymes et de sa famille. Pourtant, dans la conjoncture actuelle, faites d'interrogations et d'inquiétudes, mais aussi d'espoirs et de volonté de faire aboutir les revendications portées par le mouvement populaire depuis cinq mois, l'image de Boudiaf s'impose d'elle-même, symbolisant à la fois une recherche éperdue d'une légitimité historique pour compenser ou colmater la cassure induite par les coups d'Etat- comme ce fut le cas le 11 janvier 1992, et un bel espoir vers un avenir meilleur formé avec la jeunesse de l'époque, jeunesse à laquelle les années Chadli n'avaient pu offrir qu'une nomenklatura dégénérée et ringarde, un clientélisme rentier qui jettera à la marge des franges entière de la population, une répression sanglante qui fera près de 1000 morts en octobre 1988 et un lit qui allait préparer les couches de la république islamique.

jeudi 20 juin 2019

«Le développement que je préconise pour l’Algérie sera à dominante immatérielle»


Rachid Boudjema. Economiste, professeur des universités

Rachid Boudjema est économiste, professeur des universités. En tant qu’auteur de nombreuses publications dans le domaine du développement, il nous a déjà gratifiés d’une série d’entretiens que nous avons publiés dans ces mêmes colonnes.Nous l’avons sollicité à nouveau pour nous éclairer sur les questions du débat national actuel. Son diagnostic et ses recommandations ne laissent guère indifférent. Entretien.

jeudi 4 avril 2019

La chronique Naufrage Bouteflika de la sacralisation à l’humiliation

 

Les manifestations  contre Bouteflika et son  système qui règne depuis 20 ans ont bouleversé les idées, arraché les masques,  dévoilé les mystères, et renversé les pions.

Eveillés de leur  torpeur, les Algériens sont passés du  peuple honni au peuple admiré, d’un Sisyphe qui roule le rocher de la honte et de  la soumission, à un Prométhée qui défie le pouvoir corrompu.
Bouteflika est passé de la sacralisation à l’humiliation.
Flashbacks. Bouteflika devient président en 1999. La décennie noire (années du terrorisme)  commence à prendre fin après avoir avalé des milliers de victimes et semé des traumatismes profonds.
Les années de terrorisme ne sont pas enseignées à l’école. Jusqu’à aujourd’hui cette décennie reste  enveloppée de secrets et de mystères. La majorité des Algériens ne savent pas comment la barbarie a eu vraiment fin. La version  nationale stipule que Bouteflika a réussi par sa politique de « Concorde civile » à mettre fin à cette guerre et à semer la paix en Algérie. Bouteflika devient ainsi le leader de la paix.

La malédiction des présidents algériens


L’historique des mandats présidentiels successifs de l’indépendance à nos jours nous renvoie à une statistique surprenante, rare, sans doute, dans les annales mondiales. Bouteflika «démissionné» sans avoir mené à terme son 4e mandat confirme une règle entrée désormais dans les mœurs politiques algériennes.
Depuis 1962, les différents présidents de la République algérienne n’ont jamais mené à terme leur mandat, même si leur règne a été marqué par une relative longévité. Ahmed Ben Bella, ramené dans les bagages du clan (militarisé d’Oujda avec à leur tête Houari Boumediène) en 1962, a été élu au suffrage universel en 1963 premier président de la République algérienne naissante. En 1965, le même Boumediène, alors ministre de la Défense de Ben Bella, fomente et réussit un coup d’Etat militaire.

mercredi 3 avril 2019

Après les interdictions de sortie du territoire de 12 personnalités : Jusqu’où iront les poursuites ?


Hier, l’ex-président du FCE, Ali Haddad, a comparu devant le tribunal de Sidi M’hamed, après avoir été déféré devant celui de Bir Mourad Raïs, alors que des sources bien informées évoquent le début des investigations de la Gendarmerie nationale sur des faits de corruption et de transfert illicite de capitaux qui pèsent sur les 12 personnalités concernées par l’interdiction de sortie du territoire national.
Dans sa déclaration d’hier, le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’Anp est revenu sur ce qu’il a présenté comme étant «une poignée de personnes qui s’est indûment accaparé des richesses du peuple algérien» et a évoqué «les vastes opérations de pillage et de dilapidation qu’a connues

Il a remis sa démission hier au conseil constitutionnel : Bouteflika part sur fond de tension avec l’armée


Il n’aurait jamais imaginé une sortie de scène aussi affligeante, lui qui avait juré de «mourir au pouvoir». Il se retire contraint et forcé.
Abdelaziz Bouteflika quitte le pouvoir et de manière dramatique. Au terme d’une interminable journée pleine de suspense, le chef de l’Etat a fini par céder sous la double pression d’une insurrection populaire et du poids écrasant de l’armée.
En effet, hier en début de soirée et à peine une heure après la sommation du Haut commandement de l’armée exigeant l’application «immédiate» de l’article 102 de la Constitution, celui, qui aura gouverné le pays durant deux décennies a jeté l’éponge.
La présidence de la République a indiqué, par le biais d’une dépêche laconique de l’APS, que Abdelaziz Bouteflika «a notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de président de la République». Une démission sous la dictée de l’armée avec effet immédiat.