APS - ALGÉRIE

mercredi 4 juillet 2018

À l’heure algérienne

Sincèrement, je me régale avec ce Mondial. Je recharge mes accus footballistiques pour les quatre ans à venir. Je n’aurai pas à m’encombrer d’une saison, à l’heure algérienne, indigente. Oui, la jeunesse, là-bas en Russie, avec l’audace de sa vigueur, bouleverse l’ordre mondial du ballon rond. Messi, out. Ronaldo, aussi. A eux deux, ils ont dans l’escarcelle dix Ballons d’Or. Dix ? Je dis bien dix. Je ne me trompe pas, j’espère. Chez nous, la jeunesse est mise au rebut ; elle compte pour du beurre ; cette jeunesse qui doit gérer ce pays n’a pas le droit à la prospective ; elle reste sur la touche. En attendant, la vieillesse tire encore les ficelles d’un pays, qui n’en peut plus de traîner la patte. La gérontocratie est à l’œuvre. Qui n’a plus les

mardi 3 juillet 2018

La décadence du monde musulman


Par NOUREDDINE BOUKROUH
La plupart des historiens conviennent que les déboires de la civilisation islamique ont commencé trente ans environ après la mort du Prophète avec la remise en cause de la légitimité du calife Ali par le clan des Banu Omayya et la bataille de Siffin sur laquelle elle a débouché. C’est là qu’est survenue la grande «fitna» qui a mis fin à l’ordre moral, social et politique instauré par les quatre califes qui ont succédé au Prophète.
Le coup d’Etat de Moawiya a provoqué la division des musulmans en courants rivaux (les sunnites qui ont suivi Moawiya, les chiites qui ont suivi Ali, et les kharidjites qui renvoyèrent dos à dos l’un et l’autre), division qui prévaut à ce jour. Il les a divisés collectivement et individuellement entre la reconnaissance du fait du prince et la fidélité à la fraîche tradition de dévolution du pouvoir, il a provoqué dans leur esprit une séparation entre le principe coranique et la vie politique, entre la morale et les intérêts, entre la mosquée où l’on célèbre le culte du despote et ce qu’on pense au fond de soi. La bataille de Siffin s’est soldée par la mort de plus de 40 000 musulmans, chiffre énorme quand on sait qu’à la mort du Prophète la communauté musulmane comptait quelque 124 000 personnes(1).

mardi 9 janvier 2018

La nouvelle route de la soie

Par Ammar Belhimer

Le 14 mai 2017, la Chine ouvre un sommet consacré au projet de nouvelle route de la soie. C’est à l’évidence l’un des vecteurs de sa puissance à l’horizon 2030, c’est-à-dire demain. Le programme «Une ceinture, une route» du gouvernement chinois – dévoilé à l'automne 2013 – n’ambitionne pas moins que de relier le pays au Proche-Orient, à l’Afrique et à l’Europe, à la fois par terre et par mer, en créant de nouvelles routes de la soie.

Mythes et préjugés : confessions d'un Algérien multiple et indivisible



Durant ce énième conflit autour du tamazight, on verra subrepticement s'immiscer dans les débats (plateaux télévisé, presse en ligne) cette notion étrange de la pureté de la race. La dialectique des revendications sociales et politiques est désormais validée par les thèses de la génétique. Il ne s'agit plus des droits de l'homme et des libertés individuelles appréhendées à l'aune de la philosophie politique du 21ème siècle, mais selon des thèses raciales qu'on croyait révolues. On s'amuse à faire des relectures tendancieuses à partir de certaines révélations scientifiques. Et voilà qu'ipso facto, l'Arabe devient un mystificateur et un intrus qu'il faut recadrer.

Nous savions depuis longtemps que les conquêtes islamiques n'étaient en majorité effectuées que par des troupes d'origine ethniques diverses arabisées (L'arabe de souche y était fortement minoritaire, parfois inexistant). La génétique vient de le confirmer et nous rassurer que nous sommes tous berbères et que nous n'avons rien à craindre hormis de nos propres démons. La présence du génome arabe au Maghreb ne serait qu'une supercherie, un mythe, une portion congrue et infinitésimale dans cet océan de pureté Amazigh, à peine 4% d'arôme arabica dans cette mouture locale, autochtone, berbère, pure et dure. Un arôme qui aurait quand même mystérieusement et pendant si longtemps empêché les autres fragrances de se distiller dans l'air.

lundi 8 janvier 2018

LES CHÊNES QU'ON ABAT Les mois de décembre funestes


Par


«Lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles ; on n'oubliera pas toutes les souffrances de notre peuple pour se disputer les places. Ce sera une lutte pour le pouvoir. Nous sommes en pleine guerre et certains y pensent déjà. Oui, j'aimerais mieux mourir au combat avant la fin.»
Ce mois de décembre est pour les Algériens un mois de tristesse en ce sens que des hommes politiques qui ont, chacun à sa façon, aimé l'Algérie et en sont morts. Le premier d'entre eux, Abane Ramdane, que l'on commence enfin à réhabiliter a eu une mort violente de la part de ses compagnons de combat. Avec Ferhat Abbas, c'est au contraire, le combat des idées qui, malheureusement ne sont toujours pas à l'honneur dans cette Algérie qui peine à se redéployer. Avec Boumedienne qui eut un comportement ambivalent, nous retenons de lui la lutte pour une Algérie qui prenait en charge son destin et ce qui reste du tissu industriel date de son époque. Enfin j'ai tenu à rendre un hommage à un «Juste» qui a aimé et défendu par la plume l'Algérie à en mourir.

Une distinction pour Salah Aïssa

Par Ahmed Halli
Pour faire passer un vol, sans risque pour la victime d'avaler de travers, il est vivement conseillé de l'enrober dans un verset du Coran, de préférence, ou un hadith. Il ne faut pas s'étonner dès lors de voir des aigrefins arborer barbe et gandoura, en guise de mains propres, pour justifier leur soudaine richesse. Tout voleur qui échappe aux lois humaines, par la grâce d'on ne sait qui ou quoi, peut à bon droit se draper dans les textes divins, pour se laver de tout soupçon. Ce sont des recettes infaillibles et qui ont fait leurs preuves, depuis des millénaires que ce soit sous les prêtres de la période pharaonique ou à l'ère des cheikhs de télés satellitaires.