APS - ALGÉRIE

mercredi 20 mars 2019

Que vise Bouteflika en provoquant la rue ?

 Son entêtement et sa détermination à provoquer un changement de régime par le haut et à «renouveler ses systèmes politiques, économique et social à la faveur de  la conférence nationale inclusive», sans pour autant donner un échéancier précis devient une forme de provocation de la rue.

Cette dernière exige rien de moins qu'un changement par le bas dans les meilleurs délais et sans les éléments de l’ancien système mais avec des personnalités politiques neutres, n’ayant pas fréquenté le régime et n’ont pas non plus l’intention d’activer ou de prendre part la mise en œuvre des instruments qui concrétiseraient ce changement.
Après un vendredi fort de protestation, c’est une réponse qui pourrait enflammer la rue et enclencher cette fois-ci le cycle du dialogue de sourds avec toutes les conséquences qui en découlent.  

La vraie maladie de Bouteflika

Par son attachement morbide au pouvoir et ses abus excessifs dans l’humiliation de la nation, Bouteflika a désespéré les Algériens et les a poussés dans leurs derniers retranchements. Ils l’ont abandonné.

A travers les discours de plus en plus clairs de son chef d’état-major, on devine que l’institution militaire a tourné le dos à l’éventualité d’utiliser contre le peuple les moyens humains et matériels qu’il a mis entre ses mains pour les vieux yeux de Bouteflika. Je crois que l'armée l’a abandonné.

mardi 19 mars 2019

Les Algériens rivalisent d’humour pour braver Bouteflika et le « système »



Dans les manifestations et sur Internet, les bons mots tournent le régime en dérision
Depuis vendredi 22 février, le caractère pacifique des rassemblements contre le président Abdelaziz Bouteflika, en Algérie, est largement applaudi. Un peu moins l’humour, dont font pourtant preuve les manifestants. Si le dernier vendredi de protestation a été très prolixe en matière de slogans, le 4 mars déjà, soit moins de deux semaines après le début du mouvement, El Manchar titrait un audacieux « Bouteflika s’engage à mourir en cas de victoire » au lendemain du dépôt de candidature du président Bouteflika et de sa « lettre au peuple algérien » annonçant son intention de ne pas aller au bout de son mandat s’il était élu… Si ce site, qui se positionne comme un équivalent du Gorafi, fait de l’humour son fonds de commerce, ce même esprit est désormais descendu dans la rue.

La chimie politique algérienne



Je tiens cette formule (non chimique) d’un anthropologue algérien, qui a tenté de m’expliquer le déphasage qui s’est creusé entre la société et le pouvoir, en général, jusque et y compris vis-à-vis des partis de la coalition au pouvoir et ceux des oppositions, des organisations de masse et des associations.

En effet, nul n’a compris (moi compris) le raz-de-marée populaire qui a envahi nos villes et nos villages, en date du 22 Février 2019 et après, ainsi que les slogans scandés par le peuple ! Personne, dans la foule n’a demandé du pain, du travail, des avantages ou tous autres biens matériels mais tous revendiquaient seulement le droit à la dignité, au sens large, que vingt ans de pouvoir absolu et arrogant du Président Abdelaziz Bouteflika, sa fratrie et son clan, ont imposé à tout un peuple.

Fin de mandat de Bouteflika et ses conséquences


La présidentielle qui devait se dérouler le 18 avril 2019 a été annulée en toute illégalité par un candidat qui se trouve être le président de la République en exercice pour quelques semaines encore et qui, au dernier moment, s’est érigé en juge et partie, sans fair play ni panache. Il n’avait pas le droit de le faire.
En sortant de la légalité, il place le pays dans l’illégalité à compter du 18 avril, et non du 28 comme le pensent à tort ceux qui mettent en avant cette date.
Si l’élection présidentielle avait pu se dérouler à la date prévue, on aurait connu le nom du gagnant dans la soirée du 18 avril ou, tout au plus, le lendemain comme le veut une tradition bien établie. Mais il aurait fallu quand même patienter une dizaine de jours de plus avant la proclamation officielle et définitive des résultats de l’élection par le Conseil constitutionnel.
C’est sur cette base que tout le monde a pensé que le mandat de Bouteflika viendra à expiration le 28 avril. Une base hypothétique, subjective, non fondée sur le droit.

dimanche 17 mars 2019

Les « flunkeys de Bouteflika veulent jouer sur le terrain de l’économie

 

Après un bilan économique fortement chiffré présenté par l’ex-premier ministre Ahmed Ouyahia au parlement et sur toute la période de règne de Bouteflika, voilà que Ramtane Lamamra, Nouredine Bedoui et Lakhdar Brahimi s’y mettent de leur côté pour expliquer la nécessité de la «continuité » même si Bouteflika n’y sera plus.

Pourtant ce quatrième vendredi consécutif de contestation nationale contre le chef de l'Etat qui a annoncé lundi le report de l'élection présidentielle prévue le 18 avril, a été clair sur les symboles : « tournez la page avec ce régime sous toutes ses formes ».
A Alger, même si le nombre de manifestants était difficile à établir en l'absence de chiffres officiels, la mobilisation a été supérieure à celle du vendredi précédent, jugée exceptionnelle par les médias et analystes algériens.