APS - ALGÉRIE

jeudi 19 octobre 2017

REVOILA LA PLANCHE A SOU...CIS


MELISSA ROUMADI BENFERAG


« Nous n'avons pas de quoi payer les salaires de novembre». Déclaration choc du Premierministre, M. Ahmed Ouyahia et qui est allée de son effet suscitant inquiétude et indignation. Une phrase qui a surtout fait le lit de la solution miracle que le nouveau chef de l'Exécutif a été chargé de mettre en place. Car il faut le dire, l'idée du recours à la planche à billets, n'est pas nouvelle. Elle flottait dans l'air depuis plusieurs mois, du temps de l'ex-ministre de Finances, M. Abderrahmane Benkhalfa déjà, mais n'a été validée qu'au début de l'été 2017. Au cours d'un Conseil des ministres tenu le 14 juin dernier, alors qu'Abdelmadjid Tebboune était encore Premier-ministre, le Président de la République, M. Abdelaziz Boutefiika avait  « Invité le Gouvernement à promouvoir des financements internes non conventionnels qui pourraient être mobilisés pendant quelques années de transition financière, pour ne pas trop impacter les programmes publics d'investissements », Mais ce n'est qu'aujourd'hui que le recours à la planche à billets prend tout son sens, avec Ouyahia, ce commis de l'État, avec lequel rien n'est impossible.

Il aura fallu la quasi-faillite de l'État pour que l'opinion publique soit noyée sous une pléthore de chiffres que l'on avait pris grand soin de lui dissimuler au cours des derniers mois.  De cette vague de « transparence » intéressée, on apprendra que le Trésor public a besoin de
570 milliards de dinars pour boucler l'année en cours. On nous dira aussi qu'il faut injecter
1.000 milliards de dinars dans les entreprises publiques pour relancer la croissance, que Sonlegaz aura besoin de 200 à 300 milliards de dinars par an pour financer ses
investissements. On saura surtout qu'il aura fallu puiser plus de 8.800 milliards de dinars (l'équivalent de près de 88 milliards de dollars) pour éponger le déficit public depuis 2014, Il faut dire que malgré les chiffres publiés aucune indication n'a été donnée quant à l'usage de ses fonds, et encore moins des 1,100 milliards de dollars engloutis par le budget de l'État en 17 ans. 
Qu'à cela ne tienne et à défaut de créer de la richesse, les pouvoirs publics ont choisi la voie de la création monétaire, sous le vocable de financement non conventionnel.

mardi 17 octobre 2017

Lettre au président de la république française



Monsieur le président de la république française.
Quand vous étiez le simple candidat à l’élection présidentielle de votre pays, vous fîtes un voyage éclair à Alger, capitale d’un pays qui a de longues et douloureuses relations historiques avec le vôtre. Ce n’est pas le lieu de philosopher sur les mécanismes des refoulements de l’histoire qui favorisent les dénis de la réalité. C’est d’une journée précise, celle du 17 octobre 1961 dont je veux vous parler. Ce jour-là, c’était un mardi, une partie de l’Algérie en exil sortit de ‘’ses’’ bidonvilles pour défiler dans les rues de Paris. Elle voulait protester contre une décision inique qui limitait sa liberté de circuler et l’obligeait à respecter un couvre-feu dès la tombée de la nuit. Par cette manifestation ; cette Algérie en exil tenait aussi à exprimer son droit de résister à l’oppression, droit inscrit dans la charte de l’ONU, dois-je le rappeler ?

Le mythe de «l’industrie 4.0»

Par Ammar Belhimer
Erinç Yeldan, professeur d’économie, doyen de l’Université turque de Bilkent, membre de la direction de l’International Development Economics Associates (IDEAs) dont le siège est à New Delhi, croit pouvoir révéler ce qui se profile «au-delà des fantasmes de l’Industrie 4.0” dans une contribution signée sur le site Social Europe(*). Il y explore les nouvelles tendances du capitalisme mondial au cours de cette première moitié du XXIe siècle. Trois d’entre elles lui paraissent significatives : 1. La déflation, à savoir l'effondrement de tous les prix (y compris les salaires et les taux d'intérêt) ; 2. Le blocage ou le gel de la croissance de la productivité ; 3. L’élargissement ou l’accroissement des inégalités de revenus et l’approfondissement de la fragmentation et de l'exclusion sociale.

mercredi 11 octobre 2017

Et si Che Guevara revenait parmi nous

Pr Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique
«Il faut se durcir... mais sans jamais se départir de sa tendresse.»
(Ernesto Che Guevara)
Il y a cinquante ans, c’étaient les années soixante... Au risque d´être traité de nostalgique, je vais raconter à ma manière cette époque bénie où nous étions les «acteurs de notre histoire». Souvenons-nous : l’Algérie était à l’époque appelée «la patrie des révolutionnaires» de tous les continents. «Alger, dit-on, était La Mecque des révolutionnaires. Il n’était pas rare de croiser dans les rues d’Alger des hommes de légende tels que Nelson Mandela, Jomo Kenyatta, Amilcar Cabral, ainsi que tous ceux qui, dans le monde occidental, luttaient contre les dictatures et de tous les Chiliens exilés après l’assassinat d’une autre légende, morte les armes à la main, en septembre 1971: l’immense Salvador Allende.
Souvenons-nous du Che à la cité universitaire d’Alger en train de nous parler des heures et des heures, jusqu’à l’aube, de la Révolution en roulant ses cigares. Oui, l’Algérie de l’époque, forte de l’aura de la Révolution à nulle autre égale, donnait au monde l’image d’une nation qui prenait en charge son destin.

Le temps des anathèmes

Youcef Merahi
L’écrivain est une drôle de machine qui, le temps d’une macération, prémédite un théâtre d’ombres, appelé tout bonnement roman. Lequel roman est le réceptacle d’un besoin névrotique qui ne s’apaise que lorsque des protagonistes sont mis en mouvement dans une trame où, souvent, la fiction bouffe tout espace à la réalité. Au point où certains s’interrogent sur le rôle de l’écrivain dans la société ; a-t-il les moyens de changer les choses ? Dispose-t-il des leviers pour ce faire ? Tout est question de pouvoir. Et de rapport de force. N’empêche que l’écrivain persiste à écrire des romans, parce qu’il éprouve ce besoin. Sinon, il n’est plus rien. Sinon, il n’existe plus. Sinon, la drôle de machine s’enraye. Puis, bonjour la casse !

mardi 10 octobre 2017

LANCEMENT DE SPOUTNIK 60 ans de conquête de l'espace

«La Terre est le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas sa vie entière dans un berceau.» Constantin Tsiolkovski, père de l'astronautique
De tout temps, l'homme a été fasciné par l'espace et le besoin surtout onirique de voler avec la symbolique de la toute-puissance de liberté. Les mythes et légendes ont émaillé le besoin d'évasion de l'homme, de sa condition de terrien cloué au sol et regardant avec humilité vers les cieux. On dit que le mythe d'Icare est né ainsi. Vaincre la pesanteur amène à l'idée de fusée. Les premières fusées furent des armes, loin de la vision spatiale que nous en avons aujourd'hui. Elles furent inventées en Chine, aux alentours du XIIIe siècle. La première trace écrite de leur utilisation est la chronique de Dong Kang mu, en 1232, qui raconte leur utilisation par les Mongols lors de l'attaque de la ville de Kaifeng. Le sujet devint plus technique au XIXe siècle malgré encore de nombreuses invraisemblances. Il a fallu attendre le début du XXe siècle, pour qu'en Russie, un homme de génie, instituteur de son état, nommé Constantin Tsiolkovski, réfléchisse à un «engin à réaction» pouvant atteindre une vitesse nécessaire à la mise en orbite, et permettant d'évoluer dans le vide spatial. Il imagina les fusées à étages, le concept de station spatiale, l'utilisation de combustibles liquides par mélange de comburant et carburant. A juste titre, il est considéré comme le père de l'astronautique.