APS - ALGÉRIE

mardi 9 janvier 2018

La nouvelle route de la soie

Par Ammar Belhimer

Le 14 mai 2017, la Chine ouvre un sommet consacré au projet de nouvelle route de la soie. C’est à l’évidence l’un des vecteurs de sa puissance à l’horizon 2030, c’est-à-dire demain. Le programme «Une ceinture, une route» du gouvernement chinois – dévoilé à l'automne 2013 – n’ambitionne pas moins que de relier le pays au Proche-Orient, à l’Afrique et à l’Europe, à la fois par terre et par mer, en créant de nouvelles routes de la soie.

Mythes et préjugés : confessions d'un Algérien multiple et indivisible



Durant ce énième conflit autour du tamazight, on verra subrepticement s'immiscer dans les débats (plateaux télévisé, presse en ligne) cette notion étrange de la pureté de la race. La dialectique des revendications sociales et politiques est désormais validée par les thèses de la génétique. Il ne s'agit plus des droits de l'homme et des libertés individuelles appréhendées à l'aune de la philosophie politique du 21ème siècle, mais selon des thèses raciales qu'on croyait révolues. On s'amuse à faire des relectures tendancieuses à partir de certaines révélations scientifiques. Et voilà qu'ipso facto, l'Arabe devient un mystificateur et un intrus qu'il faut recadrer.

Nous savions depuis longtemps que les conquêtes islamiques n'étaient en majorité effectuées que par des troupes d'origine ethniques diverses arabisées (L'arabe de souche y était fortement minoritaire, parfois inexistant). La génétique vient de le confirmer et nous rassurer que nous sommes tous berbères et que nous n'avons rien à craindre hormis de nos propres démons. La présence du génome arabe au Maghreb ne serait qu'une supercherie, un mythe, une portion congrue et infinitésimale dans cet océan de pureté Amazigh, à peine 4% d'arôme arabica dans cette mouture locale, autochtone, berbère, pure et dure. Un arôme qui aurait quand même mystérieusement et pendant si longtemps empêché les autres fragrances de se distiller dans l'air.

lundi 8 janvier 2018

LES CHÊNES QU'ON ABAT Les mois de décembre funestes


Par


«Lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles ; on n'oubliera pas toutes les souffrances de notre peuple pour se disputer les places. Ce sera une lutte pour le pouvoir. Nous sommes en pleine guerre et certains y pensent déjà. Oui, j'aimerais mieux mourir au combat avant la fin.»
Ce mois de décembre est pour les Algériens un mois de tristesse en ce sens que des hommes politiques qui ont, chacun à sa façon, aimé l'Algérie et en sont morts. Le premier d'entre eux, Abane Ramdane, que l'on commence enfin à réhabiliter a eu une mort violente de la part de ses compagnons de combat. Avec Ferhat Abbas, c'est au contraire, le combat des idées qui, malheureusement ne sont toujours pas à l'honneur dans cette Algérie qui peine à se redéployer. Avec Boumedienne qui eut un comportement ambivalent, nous retenons de lui la lutte pour une Algérie qui prenait en charge son destin et ce qui reste du tissu industriel date de son époque. Enfin j'ai tenu à rendre un hommage à un «Juste» qui a aimé et défendu par la plume l'Algérie à en mourir.

Une distinction pour Salah Aïssa

Par Ahmed Halli
Pour faire passer un vol, sans risque pour la victime d'avaler de travers, il est vivement conseillé de l'enrober dans un verset du Coran, de préférence, ou un hadith. Il ne faut pas s'étonner dès lors de voir des aigrefins arborer barbe et gandoura, en guise de mains propres, pour justifier leur soudaine richesse. Tout voleur qui échappe aux lois humaines, par la grâce d'on ne sait qui ou quoi, peut à bon droit se draper dans les textes divins, pour se laver de tout soupçon. Ce sont des recettes infaillibles et qui ont fait leurs preuves, depuis des millénaires que ce soit sous les prêtres de la période pharaonique ou à l'ère des cheikhs de télés satellitaires. 

dimanche 31 décembre 2017

Déjeuner avec Daniel Ellsberg, pionnier des lanceurs d'alerte



Des ‘Pentagon Papers’ à la Corée du Nord et à l’apocalypse nucléaire



Edward Luce, FT
Je m’attends à moitié à rencontrer un invalide. L’éditeur de Daniel Ellsberg m’a envoyé un mail la semaine précédente pour m’avertir qu’il souffrait d’une laryngite, qu’il avait besoin de repos, qu’il se fatiguait rapidement. La maison d’édition m’a demandé d’avancer l’heure du déjeuner, avant midi. Je ne peux pas vraiment en vouloir à Ellsberg, qui a maintenant 86 ans, de vouloir expédier notre déjeuner.

Le néocolonialisme ou la politique du chaos des puissants de ce monde




par Djaaboub Ali

Hier les Occidentaux étaient venus civiliser les païens que nous étions et nous apporter «bienfaits et conforts », serait-on tenté de dire. A coups de canons ils ont envahi nos terres écrasant toute résistance grâce à leur avance technologique et à leurs armes sophistiquées, avantage qui n'a pas changé de nos jours. Pour arriver à leur fin, et malgré leur supériorité, ils se sont souvent mis à plusieurs dans un acte de « solidarité chrétienne ». Ils se sont installés et ont réduit ceux qu'ils étaient venus « émanciper » à l'état d'esclaves. Ils les ont exploités durant une éternité et puisé les ressources de leurs sols et de leurs sous-sols, parfois jusqu'à tarissement.