jeudi 12 mai 2016

Mars, le mois des Chouhada


Mostefa Ben Boulaïd,Les Algériens considèrent le mois de mars comme le mois des chouhada. Ils ont été en effet nombreux à tomber au champ d’honneur dans une journée de mars. Mostefa Ben Boulaïd, le premier chef de la wilaya des Aurès  est mort le 22 mars 1956 dans l’explosion d’un poste radio piégé qui avait été parachuté par l’armée française.
Larbi Ben M’hidi a été assassiné par Aussaresses dans la nuit du 3 au 4 mars 1957, pendu dans une ferme situéeau bord de la route nationale 1 reliant Alger à Blida, exécuté sur ordre du général Massu, commandant des parachutistes chargés de la répression dans Alger, qui ne voulait pas d’un procès qui aurait tourné à l’avantage du chahid. Bien après l’indépendance, Aussaresses confirma l’avoir pendu sur ordre et avoir maquillé l’exécution en suicide, avec l’accord des magistrats civils. D’autres témoins, notamment l’ancien lieutenant Allaire qui l’avait emprisonné et interrogé rendirent hommage à la stature du chahid, sa sérénité et au respect qu’il leur avait imposé. Les officiers parachutistes reconnurent l’avoir remis sur ordre à Aussaresses et qu’ils lui présentèrent les honneurs militaires, ayant compris qu’il devait être exécuté par Aussaresses. Tous rendirent hommage à sa grandeur morale et à la sérénité dont il fit preuve quand il comprit le sort qui lui avait été réservé. Ils affirmèrent qu’il n’avait pas fait l’objet de tortures.

Ali Boumendjel a été exécuté trois semaines plus tard, le 23 mars 1957 par Aussaresses qui le précipita du haut de l’immeuble, alors en construction qui servait de centre de tortures pour les parachutistes et situé à l’actuel numéro 89 du boulevard Ali Khodja à El Biar. Dans cette construction fut également torturé Henri Alleg qui témoignera plus tard y avoir rencontré le chahid Maurice Audin qui y avait été torturé.
Le 5 mars 1958 tombait au champ d’honneur le commandant Si Lakhdar (Rabah Mokrani) au Djebel Boulegroune suite à un accrochage avec l’armée française. Il fut enterré sur place au douar Zenine. Originaire du village de Guergour, le commandant Si Lakhdar, chef militaire de la wilaya 4 aux côtés du colonel Si M’hamed Bougara contribua avec Ali Khodja à constituer les commandos d’élite de l’ALN, bien équipés, bien armés et soumis à une stricte discipline. Son nom a été donné au village colonial de Palestro.
Une année plus tard, le 29 mars 1959, tombaient au champ d’honneur le colonel Amirouche, commandant de la wilaya3 et le colonel Ben Abderzak, dit Si El Haoues dans un accrochage au djebel Thameur, au sud de Boussaâda, alors qu’ils étaient en route vers Tunis pour y rencontrer le GPRA.
Le colonel Lotfi (de son vrai nom Benali Boudghène) est tombé au champ d’honneur le 27 mars 1960 dans le Djebel Béchar, près de la frontière marocaine. Il avait décidé de rentrer en Algérie pour diriger directement sur le terrain la wilaya 5 au milieu de ses moudjahidine. Accompagné de son adjoint, le commandant Farradj et de deux moudjahidine, de déplaçant à dos de chameau, le petit groupe fut repéré par des indicateurs et attaqué par l’aviation de l’armée française. Cet action fut l’occasion pour des officiers français de l’action psychologique de mener une véritable intoxication affirmant que la mort des combattants de l’ALN avait été cachée et qu’ils avaient saisi l’occasion pour envoyer par radio des messages truqués aux combattants de la wilaya 5 en utilisant le poste radio que transportait le colonel Lotfi en se faisant passer pour lui., jouant sur le fait que la mort du chef de la wilaya avait été tenue secrète. Or, le décès du colonel Lotfi avait été  rapporté » par la presse publique française et l’ALN était au courant. (voir Mémoria , édition de juin 2015).
Boualem Touarigt in memoria.dz