dimanche 3 avril 2016

Le Président aime-t-il son pays ?


17 ans de règne pour un résultat finalement assez maigre. Des routes, des logements, quelques ponts pour enjamber les uns et les autres et une dette extérieure payée qui repart en croissance. Le reste n’est pas glorieux,
un dinar qui ne vaut pas grand-chose, une inflation douloureuse, une économie faible en panne de son propre mode de blocage avec des pertes énormes engendrées par une corruption systémique. 
On pourrait se faire encore du mal et compléter le tableau par une santé difficile, un gros retard numérique et une activité politique stérile, là où un juge, chef de daïra, un commissaire ou gérant de salle de fêtes peuvent faire tout ce qu’ils veulent, pendant que Saadani exige de l’opposition de ne pas s’opposer. Tout pour faire d’un pays prêt à exploser, au sens terroriste du terme ou à celui de la rue, très patiente mais au bord du burn out social. D’où la question : le Président n’est-il animé au fond que par sa soif de pouvoir et de revanche ou par une vision plus large ? C’est le débat, qui n’est pas encore réglé. Il a limité les mandats présidentiels à deux, pas pour lui mais pour les autres, il a dissous le DRS, pas pour le mieux-être collectif mais parce que celui-ci avait attaqué un proche, Chakib Khelil, d’ailleurs réhabilité après qu’il se soit plaint de lui et l’a limogé. Pour le bien du pays ? Non, parce que c’est son ami. De la même façon, on pourrait dire qu’il a créé l’Ansej, non pas parce qu’il aime les jeunes mais pour éviter que ces violents chômeurs occupent l’espace public. Que va-t-il se passer après cette pénible fin de règne ? C’est la grande inconnue, Einstein disait : «On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré.» Le savant avait le choix entre l’explosion d’une bombe atomique ou la compréhension de l’univers pour en tirer de nouvelles formes d’énergie. Il a choisi la seconde. Le président algérien réfléchit encore.
Chawki Amari IN ELWATAN.COM