APS - ALGÉRIE

dimanche 27 mars 2016

Un vendredi de prêche pour mobiliser les Algériens : Bouteflika utilise les mosquées !

Lettre du ministre des affaires religieuses
Le ministre des Affaires religieuses, Mohammed Aissa, a appelé conformément aux recommandations de Abd El Aziz Bouteflika, dans une lettre (*) adressée aux "imams de la république", à consacrer les prêches de vendredi 25 mars, pour "la sensibilisation des Algériens aux dangers qui guettent leur pays". 
Il est également demandé de "faire bloc autour de l’armée populaire national et des différents corps de sécurités dans ces moments sensibles". Il était réclamé des croyants et de l’ensemble du peuple algérien "une grande vigilance, en combattant les idées sectaires étrangères à notre culte."
Enfin, et c’est là que le bât blesse, il a exhorté le peuple à "rester groupé autour de la bonne gouvernance du président de la république, en sa qualité de tuteur des croyants (Wali Al Amr), de prier pour lui, et pour toute la Oumma islamique". Une recommandation qui a, semble-t-il, était largement suivie dans les mosquées, par les fonctionnaires de république algérienne démocratique et populaire !

Cette campagne a été très médiatisée (**), et de grands moyens télévisuels de l’unique ont été mobilisés pour assurer des transmissions en direct de la prière des quatre coins du pays. Une couverture, digne d’une journée de championnat de football nationale charnière pour la désignation du futur champion !
Revoilà donc les vieux moyens, les vieilles méthodes du pouvoir : La peur, l’épouvantail du terrorisme et de la spirale de la violence. Revoilà nos vieux démons qui ressurgissent depuis les mêmes lieux d’où ils étaient apparus durant la décennie noir; à défaut d’une politique visionnaire, un coup de dé aléatoire! Un état qui se fragilisant à l’intérieur, agite la menace extérieur, encore et toujours depuis l’indépendance, alors que "l’extérieur" habite ses entrailles. Un pouvoir qui, tel les Califats des Abassides et des Oumeyades, utilise parce qu’impopulaire, les lieux de culte pour asseoir un peu plus son autocratie.
Ça pourrait marcher, une fois de plus, mais à force d’user des mêmes stratagèmes, il finira par user toutes ses combines! Combien de temps durera cette relation malsaine entre les religieux et Bouteflika? Combien de temps persistera cette symbiose, entre l’arbre vermoulu du dictateur et le champignon vénéneux du théocrate? Jamais longtemps, nous apprend l’histoire, car ce n’est nullement un mariage d’amour ni de raison, mais plutôt d’intérêt!
L’intérêt pour les islamistes de s’occuper de la rue et de sa morale, contre celui du pouvoir absolu, la rentabilité de la propagande contre la manne du pétrole, l’investissement de l’endoctrinement contre l’argent des investisseurs étrangers! Il est parfois des intérêts qui assurent une longue vie commune, jusqu’à ce que l’une ou l’autre des parties, se sente trop gênée ou trop forte, et décide de rompre l’accord. Et parfois dans la nature, on ne sait pourquoi, le vieil arbre vermoulu décide de ne plus offrir son ombre au champignon vénéneux et que ce dernier, se surprend à envahir son arbre : On l’a déjà lu dans les livres d’histoire, vu tout prêt, lorsque nôtre FIS s’était pris pour dieu le père, et que Sissi l’empereur, s’était mu en pharaon d’Égypte!
Bouteflika, en vieux roublard, devrait savoir que les histoires d’amour construites sur l’intérêt finissent mal… en général!

Par Hebib Khalil In lematindz.net